Gîtes de Courriaulx

Gîtes de Courriaulx

22 juin 2020
Pont-à-Celles
La sculpture prend place dans la zone verte de la cour intérieure de la ferme, au confluent de l’axe de l’entrée de la cour avec l’axe qui donne sur la grande porte des écuries. Cette position centrale lui offre de la visibilité dans la perspective des deux axes et depuis les bâtiments qui tournent autour d’elle. Le diamètre du demi-cercle du plan de la sculpture reprend celui de plusieurs arbres taillés en cylindre présents dans le jardin. La sculpture, par sa forme, sa matérialité en acier corten et sa découpe aléatoire, arbore un vocabulaire végétal qui l’intègre au reste du « paysage ».
La sculpture, entièrement en acier corten, est constituée de 5 arcs dont les dimensions sont croissantes. Les arcs sont reliés entre eux par des plats dont les bords sont découpés de manière aléatoire au chalumeau. Le nombre de plat entre deux arcs varie dans cet ordre : 16,8,4,2,3. Les 16 premiers plats partent du sol vers le premier arc et les trois derniers plats partent du dernier arc vers le ciel. L’implantation des arcs et des plats forment un demi-cercle en plan définissant ainsi un espace. Une ouverture permet le passage entre le troisième et le quatrième arc.

Les cinq arcs symbolisent les cinq dernières générations de la famille Pieters. Les arcs croissent comme la démographie de la famille. Ils symbolisent également l’accumulation du patrimoine matériel et immatériel. Les arcs semblent tomber vers le sol, telle la déclinaison des membres d’une génération qui décèdent peu à peu. L’arc de la dernière génération, quant à lui, est parfaitement droit.

Les plats entre les arcs représentent le flux des membres de la famille, chaque plat portant les initiales d’un membre constituant de la famille Pieters. La découpe aléatoire des plats personnifie les particularités et les imperfections de l’homme. Les membres qui partent du sol sont les plus anciens. La densification des plats avec la découpe aléatoire de leurs bords donne une apparence de roche qui évoque l’idée de la mort et du souvenir. Les membres qui se dirigent vers le ciel, quant à eux, imagent le feu de la vie. La forme n’étant pas fermée, la famille tend à se prolonger. La sculpture étant le témoin d’un instant « t » de cette famille.


La sculpture présente la transmission du patrimoine matériel et immatériel, la succession des générations et le passage du nom de famille de génération en génération. Il y a une ambivalence entre la croissance des générations, la démultiplication de la transmission génétique de membre en membre et la sélection par le sexe du nom de famille. Cette ambivalence pose la question de ce qu’est une famille.

Une « porte » est matérialisée par l’ouverture entre le 3e et 4e arc. Cette « porte » figure l’accueil de la ferme qui comprend plusieurs gîtes et chambres
d’hôte. L’espace contenu dans le demi-cercle du plan de la sculpture génère un lieu de détente, de convivialité et de jeu. La forme générale de la sculpture est proche de celle d’un cocon et procure un sentiment de protection.