Le choix du lieu de l’installation n’est pas anodin. Située sur l’Avenue Franklin Roosevelt, artère bordée d’ambassades, de pavillons et d’institutions, l’œuvre déploie ses drapeaux comme un miroir du monde. Ici, la diplomatie se mêle au silence feutré des façades, tandis qu’au revers de chaque bannière se dessinent des rapports de force, des alliances mouvantes, des conflits ouverts ou endormis.
L’installation réunit soixante drapeaux, classés selon la puissance militaire mondiale – l’indice Global Firepower 2025.
Conçue comme un graphique tridimensionnel, la composition spatiale traduit le déséquilibre global : certains drapeaux s’élèvent haut, portés par la force armée ou économique ; d’autres restent plus bas, marquant la fragilité ou la neutralité relative. Ce mouvement ascendant reflète à la fois la course à l’armement et la hiérarchie des puissances.
Mais lorsqu’on prend du recul, les couleurs se brouillent, se mêlent et finissent par former un tout. Alors, les drapeaux ne sont plus que les fragments d’un même monde, aux contours enfin réunis.